Interview de Śrī Tathāta

le 26 08 2009 à Varaire par Bruno Berthelot pour « Divine Attitude Actualités »

B.B. : D’abord merci à vous Śrī Tathāta, de nous recevoir et nous accorder cet entretien. C’est un immense honneur et une joie profonde pour notre mouvement spirituel, œuvrant au rassemblement de la diversité spirituelle et au partage des traditions, que de vous rencontrer pour cette interview, au moment précis où notre newsletter se transforme en une véritable revue électronique au service de la conscience. Nous avons à cœur de tisser des liens entre toutes les traditions et les non-traditions, et de relier vers une pédagogie de l’éveil tous ceux qui empruntent les différentes voies conduisant à la dimension universelle de la Vie, leur essence intérieure… Alors cher Śrī Tathāta, ma première question sera la suivante : pour quelles raisons êtes-vous venu en France ?

S.T. : En janvier et février dernier, un rituel védique d’une ampleur exceptionnelle a eu lieu au Kerala, le Dharmasuya Mahayaga. Ses objectifs étaient la paix et l’harmonie universelles, que l’humanité est appelée à atteindre par le dharma. On peut définir le dharma comme la façon éveillée de vivre, en accord avec l’ordre cosmique. Ce Mahayaga a été conduit à la demande de la volonté Divine et en réponse à l’aspiration des grands Maitres et Prophètes passés de l’humanité, des grands Rishis. Un évènement spirituel extraordinaire a eu lieu au cours de ce Mahayaga : la Supra-conscience, en d’autres termes la Conscience Divine, est descendue tel un grand flot de lumière et a commencé à rayonner sur la terre entière. Je suis venu en France dans la continuité du Mahayaga avec le but de diffuser plus intensément cette énergie de la Supra-conscience et ainsi de permettre aux humains et à la planète de l’intégrer davantage. Et c’est ainsi qu’on été conduits les rituels, ces prières et ces méditations qui viennent d’avoir lieu ici à Varaire (Lot, France).

B.B. : Pour le grand public, l’attraction croissante de l’écologie sera-t-elle un des leviers de la prise de conscience de la nature Divine de chacun ?

S.T. : Ce que nous pouvons appeler l’écologie, c’est en fait la partie externe, ou matérielle, d’un phénomène que je souhaiterais davantage commenter. Sa face intérieure ou profonde, c’est vraiment le développement de la conscience. Ce qui est nécessaire est plus d’attention consciente et une conscience plus élevée ; c’est ainsi que nous seront connectés aux plans supérieures d’existence. Ceci changera la qualité et la nature de nos actions dans le monde. Un être humain qui a atteint le Divin est un canal parfait du flot d’amour divin. Sa présence nourrit la création en abondance. Lorsqu’il touche une plante, alors la plante sourit…

B.B. : Comment sera la « nouvelle race humaine » lorsqu’elle sera divinisée et que sera la Vie sur la planète à ce moment futur ?

S.T. : Au moment actuel du temps, l’humanité a largement grandi depuis le plan inférieur, que l’on peut appeler non-conscience ou plan de l’instinct de foule, jusqu’au plan humain. En même temps, les mauvaises habitudes du passé continuent d’influencer les humains. Dans la perspective de l’évolution progressive qui caractérise l’univers, le temps demande un nouveau changement : la conscience humaine est appelée à passer au niveau de l’homme noble, puis à celui de l’homme divin. A ce stade, une nouvelle sagesse et nouvelle lumière permettent au voyage sur terre d’atteindre son apogée de joie éternelle. Les forces de l’univers et de la Nature poussent fortement dans ce sens. Mais la plupart des humains n’ont pas compris la nécessité de ce changement, d’où les énergies destructrices, les frustrations et les souffrances de toute sorte qui caractérisent l’humanité aujourd’hui. En même temps, ceux qui font confiance à cette force poussant à l’évolution et qui sont prêts à aller de l’avant dans le développement de la conscience reçoivent de la Nature toute l’aide possible. Ces deux aspects de destruction et d’aide formidable à la progression coexistent réellement ! Bientôt la conscience va se développer pour se rapprocher d’une conscience Divine et les êtres humains pourront être de plus en plus dans le partage et dans l’amour. Toute mon action est consacrée à ce grand saut de conscience de l’humanité.

B.B. : Beaucoup de spiritualités dites « nouvelles » parlent de 2012 et sur Internet l’on remarque de nombreux channelings sur ce sujet, qu’en pensez-vous ?

S.T. : Ce qui est vrai est que nous sommes dans une phase critique du temps, cela depuis déjà quelques années. Il est vrai également que ce processus risque fort de s’accompagner d’une poursuite de la montée des forces destructrices, en particulier des calamités naturelles. Toutefois il ne faut pas s’attendre à ce qu’il y ait une ouverture soudaine en 2012, ce n’est pas ce qui se passera ! Ce qu’il faut comprendre est que si les humains refusent cette progression que la Nature leur demande ou progressent trop lentement, il y aura encore plus de destructions. C’est bien pour soutenir l’effort de la Nature et faciliter l’évolution de la conscience que nous faisons tous ces rituels.

B.B. : Comment aider la Terre Mère et la nourrir par ce lien d’Amour conscient que nous pouvons tisser avec elle, notre planète étant un être conscient ?

S.T. : L’harmonie est une conséquence de l’équilibre qui doit exister entre les différents aspects d’existence. Tout déséquilibre produit des désordres dans la Nature et la vie humaine. Les êtres humains sont responsables du maintien ou si nécessaire du rétablissement de cet équilibre. Pour cela, nous devons retrouver notre lien avec la nature. La nature évolue par l’interaction des fameux cinq éléments terre, eau, feu, air et éther. Nous devons, nous les êtres humains, nous reconnecter à ces cinq aspects. Si nous le faisons, une nouvelle harmonie va s’établir et l’énergie cosmique va couler de façon beaucoup abondante vers le plan humain. L’univers est construit entre, en haut, le plan Divin, et tout en bas le plan de la matière, de la Terre. Entre les deux se trouvent tous les autres plans et c’est l’homme qui fait le lien entre les plans les plus élevés et le plan matériel. C’est donc l’homme qui la grande responsabilité de maintenir ou si nécessaire de rétablir l’harmonie. Lorsque l’harmonie est présente, la Terre devient un paradis. C’est précisément un des aspects de ma mission : faire en sorte que l’équilibre et l’harmonie universels soient rétablis.

B.B. : Des spiritualités modernes nous parlent « d’accepter ce qui est », « d’être un avec » ou « d’accepter le moment présent » ; quel est le lien entre celles-ci et la tradition védique ?

S.T. : Ces expressions semblent correspondre à des compréhensions intellectuelles, des façons de dire ou des vues de certaines personnes. Elles ne reflètent pas la Réalité cosmique qui s’est projetée dans la conscience supérieure des Rishis puis a été amenée par eux jusqu’au plan humain par les Veda. En fait, nous venons sur cette planète comme des graines, des semences, et lorsque qu’une graine est arrosée et reçoit la lumière du soleil, alors elle germe, se développe et puis fleurit et porte des fruits. De même, l’enfant passe un temps dans le ventre de sa mère, puis il naît, il grandit et il reçoit de plus en plus les énergies de la nature. Les énergies élevées commencent à se refléter dans son mental et son intellect ; ainsi il interagit de façon parfaitement juste avec le monde et peut connaitre le véritable épanouissement de sa vie dans tous ses aspects… Cette évolution de l’être menant au plein épanouissement est le vrai chemin. Les philosophies spirituelles dont vous parlez semblent incomplètes au regard de cette possibilité magnifique que les Rishis ont montrée à l’humanité.

B.B. : Est-ce que la force de l’intention, lorsqu’elle est arrosée avec l’amour de la source est suffisante pour la croissance spirituelle ?

S.T. : Cela ne se passe pas exactement comme cela. Dans le cas d’une plante, par exemple, la croissance et la floraison ont lieu naturellement. Pour un être humain, la volonté Divine pousse à sa croissance mais le libre arbitre intervient : la volonté de chaque être humain doit s’unir à la volonté Divine pour que la croissance ait lieu. En d’autres termes, les êtres humains doivent exprimer l’intention d’évoluer en plein accord avec la volonté Divine. Mais attention aux intentions que nous émettons : si nous le faisons à partir de notre petit moi, cela peut créer des obstacles ! Mais si nous joignons notre intention à la volonté Divine, alors cela produit de très grands résultats.

B.B. : Le moment est-il venu d’unifier et de rassembler la diversité spirituelle afin de lui donner le « droit de cité » dans la cité, pour se situer davantage dans le visible, et un jour pourquoi pas d’administrer les pays, c’est-à-dire un jour de passer sur un plan « politique » ?

S.T. : Cette unification des courants spirituels est une nécessité et elle aura lieu. Elle entrainera naturellement, au fur et à mesure de sa progression, des changements au niveau politique. Mais le moment n’en est sans doute pas encore tout à fait venu. De façon certaine, toutes les branches spirituelles vont s’unifier dans la Vérité que les Rishis des temps védiques ont expérimentée et révélée au monde. Parce que ce qu’ils ont révélé est une Vérité complète. Bien souvent, les vues qui sont exprimées sont incomplètes au regard de la Réalité. Alors un jour effectivement tous ces courants vont s’unir, en reconnaissant cette réalité complète, c’est-à-dire le dharma.

B.B. : C’est la peur qui engendre l’illusion de la séparation lors de l’incarnation et qui crée ainsi la personnalité de survie, l’ego. Alors comment transcender la peur ?

S.T. : La peur est une ombre issue de la non-conscience. Lorsque la Lumière paraît, alors l’obscurité s’évanouit, et la peur aussi.

B.B. : Comment toucher le cœur de nos semblables dans la société d’aujourd’hui ?

S.T. : Simplement par l’amour pur qui est pour moi au delà de toute théorie ; c’est quelque chose que l’on peut vraiment ressentir et faire ressentir…

B.B. : Comment gérer la psychiatrie et les maladies mentales et est-il possible de travailler en hôpital psychiatrique pour un pratiquant spirituel ?

S.T. : Je distingue deux choses pour une personne étant appelée à recevoir un traitement psychiatrique. S’agit-il d’une vraie maladie liée au cerveau, ou s’agit il juste de quelque chose d’émotionnel ? Cette distinction est importante pour les décisions qui doivent être prises. En ce qui concerne le fait de travailler dans un hôpital psychiatrique, pourquoi pas ! Rien ne s’y oppose a priori, même pour un pratiquant spirituel.

B.B. : Pourquoi le Divin a-t-il besoin dans sa création de son propre reflet ?

S.T. : Cette question est curieuse, puisque la création a déjà eu lieu. Dans un sens c’est trop extrême de vouloir chercher les secrets de la création. Les vraies questions sont plutôt : « que convient-il que je fasse aujourd’hui, quel est mon rôle, mon travail ? ». Et puis, si l’on développe sa conscience et si l’on remplit véritablement son rôle, alors peut-être qu’un jour on aura des lumières sur les secrets de la création aussi…

B.B. : En fait je voulais comprendre pourquoi la conscience universelle non-manifestée, pouvant se reposer en s’absorbant elle-même dans son propre absolu (comme en méditation), se mettait néanmoins en mouvement au travers de la manifestation de sa création, ce qui semble une tâche bien compliquée ?

S.T. : En fait, il n’y a pas de fuite possible. On ne peut vraiment pas s’échapper de la réalité terrestre ! Il faut d’abord comprendre ce qu’est la vraie méditation. La vraie méditation nous connecte avec la Source dans un premier temps. Et dans un deuxième temps, nous faisons descendre cette lumière vers tous les plans de notre propre personne. Et avec cette lumière, nous accomplissons notre mission dans le monde. De cette façon, il n’y a absolument aucune contradiction entre le non-manifesté et le monde créé. S’il y a quelque part le ressenti d’une contradiction, alors il se peut que la méditation ne soit pas parfaite ! Parce que la méditation équilibre et unifie toutes les contradictions.

B.B. : Une dernière question cher Śrī Tathāta, une question double ! Un Mahayaga aura-t-il lieu en France en 2010 ou 2011et aujourd’hui quel est le message de Śrī Tathāta pour le monde ?

S.T. : Je souhaite effectivement conduire un Mahayaga en Europe et peut-être en France si les autorités le permettent. Pour ce qui est de mon message au monde : le noble dharma, en d’autre terme une façon de vivre vertueuse, doit se développer sur la terre. Ainsi toute chose, jusqu’aux différentes nations, va s’unifier dans le dharma. Dans cette perspective, l’élément clé est de donner la juste éducation à la jeune génération. Si les familles et en même temps les autorités concernées commencent à se demander comment éveiller la jeune génération à une conscience juste, alors il va y avoir un grand changement pour toute l’humanité. Cela va amener tous les plus beaux fruits que nous pouvons imaginer, depuis la prospérité, la coopération, jusqu’à la paix, l’harmonie et la fraternité… Le but de mon action, notamment avec ce projet de Mahayaga en Europe, c’est bien de continuer à éveiller les consciences et de créer une atmosphère permettant qu’aient lieux ces magnifiques changements.