Interview de Maïtreyi Amma

à Granada par Rukmini-Carmen Leon (mars 2010)

Maïtreyi Amma parcourt le monde entier en tant que messagère du grand Sage Indien Śrī Tathāta. Elle explique les principes du Dharma d’une façon adaptée à notre temps. « Dharma » désigne la juste façon de vivre, en harmonie avec les lois de la Nature, celle qui permet à l’homme de continuer son évolution jusqu’à atteindre la réalisation complète de son potentiel humain et spirituel.
Maïtreyi Amma explique: depuis 2003, je me rends dans de nombreux pays avec un triple but. D’abord je veux dire à tous ceux qui ont l’aspiration intense de réaliser le Soi qu’il est possible de le faire dans cette vie même, sans devoir abandonner ni sa vie familiale, ni sa vie au sein de la société. De plus, ayant l’expérience de la vie en Occident, j’explique, de façon très concrète et pratique, comment transformer sa vie pour s’épanouir. Enfin, je souhaite faire découvrir au monde Śrī Tathāta qui, par sa Divinité, sa Grâce, et le pouvoir de ses ascèses, peut nous conduire au plus haut but de l’existence.

Vous dîtes, dans votre biographie, que pendant toute votre enfance vous vous êtes sentie reliée au Divin et que vous viviez la réalité avec une conscience particulière. Malgré cela, ayant atteint l’âge adulte, vous avez fait l’expérience d’une vie ordinaire de femme de votre temps : vous vous êtes mariée, vous avez eu des enfants, vous avez été obligée de travailler dur après votre divorce… Vous avez affronté beaucoup de difficultés. Avez-vous connu des moments de désespoir et de doute, ou bien la connexion avec le Divin était-elle toujours là?

MA: Pendant toute ma vie, j’ai toujours été reliée au Divin, cette connexion ne m’a jamais quittée. Le fait d’être aveugle jusqu’à six ans et demi a facilité cette reliance au Divin, parce que la cécité me permettait de vivre dans mon monde intérieur et me protégeait, en même temps, du monde extérieur. En grandissant, les difficultés de la vie se sont présentées : j’ai connu certains états de tristesse, mais c’était un chagrin lié à la Terre. Quand un moment de tristesse me traversait, je savais très bien que cela ne m’appartenait pas. Alors une pensée élevée apparaissait en moi, et la connexion avec le Divin revenait. Quand cette présence Divine se manifestait, je sentais un grand bonheur m’envahir, mais aussi une énergie très puissante qui me donnait la force de prendre les décisions qui s’imposaient dans ma vie. Lorsque l’on s’établit dans cette connexion, on peut observer tout ce qui passe autour de soi sans se laisser troubler.

Lorsque vos enfants sont devenus adultes, vous réalisez le grand désir de votre jeunesse : vous partez pour l’Inde. Pendant quatre ans, vous sillonnez le nord de l’Inde, puis rencontrez enfin la grande âme tant recherchée : Śrī Tathāta. Pourquoi ce désir d’aller en Inde, et qu’a signifié pour vous la rencontre avec Śrī Tathāta?

MA: Le désir de me rendre en Inde et de rencontrer ce grand Sage a toujours été présent en moi de façon très forte. On peut dire qu’il remonte à mon adolescence et qu’il est allé grandissant avec les années. J’ai eu plusieurs expériences spirituelles qui me confirmaient que je devais aller en Inde. La rencontre avec Śrī Tathāta a représenté l’aboutissement de ma recherche : vivre auprès d’un Être divin incarné sur la terre qui m’aide à m’élever jusqu’au niveau spirituel suprême. Rapidement, j’ai eu la confirmation de ce que ressentais depuis mon enfance : j’avais une mission pour l’humanité.

Dès l’âge de sept ans, vous savez que l’on peut vivre la transformation des cellules en pure lumière ; ceci a été votre quête depuis lors. Cette idée n’a-t-elle pas quelque chose de révolutionnaire par rapport à la tradition spirituelle occidentale ?

MA: Il est certain que dès l’enfance j’ai eu le désir de comprendre comment fonctionne l’alchimie du corps humain, comment fonctionnent les cellules jusqu’au moment de la mort. Je me demandais toujours comment faire pour traverser la mort en gardant nos cellules en parfait état. Le processus de transformation cellulaire m’a toujours passionnée. Il est vrai que cette idée est étrangère à la tradition de l’Occident, alors qu’en Inde beaucoup de sages connaissent la possibilité de cette ultime transformation, qui porte le nom de Jyothi Soruba Samadhi.

La transformation cellulaire consiste-t-elle à garder le corps physique intact après la mort?

MA: Il y a plusieurs étapes dans la transformation cellulaire. Il est possible, en effet, de garder le corps physique intact au moment du décès ; on peut citer l’exemple de Parahamsa Yogananda, qui a passé la dernière partie de sa vie aux Etats-Unis : son corps ne manifestait aucun signe de décomposition 21 jours après le décès. Il y a, également, d’autres sortes de transformation, comme celle que réalisa Sri Aurobindo. Au moment de sa mort, on a pu constater que son corps était recouvert d’un poudroiement d’or. Enfin, d’autres grands êtres ont dissous leur corps dans la lumière et peuvent le manifester de nouveau sur ce plan physique.

Vous avez déclaré que vous vous sentez absolument Indienne, tout en étant née en Occident. Vous ne l’avez surement pas fait pour renier quelque chose, mais certainement parce que vous cherchez toujours à intégrer les deux aspects et à réunir les deux mondes en vous-même?

MA: En réalité, nous avons déjà toutes les possibilités en nous, par nos multiples incarnations. Je me suis incarnée en Occident avec tout l’Orient qui résonne en moi. Quand je voyais, petite fille, des photos de l’Inde dans mes livres d’histoire ou de géographie, je disais toujours : « mais c’est mon pays ! » Il s’agit d’une certaine vibration qui nous accompagne, et qui a son origine bien au delà de notre incarnation actuelle. L’enfant que j’étais savait déjà que l’Inde est le pays de la connaissance, que là-bas j’allais pouvoir trouver des choses que l’on ne pouvait pas trouver en Occident et à partir de là je voulais donc, d’une certaine façon, réunir les deux mondes. En allant en Inde, je voulais découvrir les racines de cette sagesse pour l’offrir au monde Occidental. Aujourd’hui, j’essaye de l’adapter à notre société, car si nous nous contentions d’importer simplement les textes et la culture védiques en Occident, ceux-ci ne seraient pas recevables pour la plus grande partie des Occidentaux. Mon but est que l’on puisse intégrer cette sagesse dans notre vie quotidienne, ici en Occident avec la vie moderne.

Pensez-vous que l’Occident, de son coté, ait quelque chose à offrir à l’Orient?

MA: Bien sûr ! Mais je crois que c’est nous qui avons le plus à recevoir. L’Inde est le pays de la Source, le pays où la Vérité est restée vivante le plus longtemps. Il y a des milliers d’années, les Rishis, les sages, ont compris que cette connaissance allait se perdre, qu’elle serait oubliée à mesure que le monde plongerait dans la matière. C’est pour éviter qu’elle ne disparaisse totalement qu’ils commencèrent à la mettre sous forme écrite et c’est ainsi que naquirent les Vedas. Les Vedas sont une source de vérité et d’inspiration si riche et si vaste que toutes les religions s’en sont inspirées. Ils donnent les plus hautes clés pour que l’être humain vive une vie divine sur la terre.

Les enseignements de Śrī Tathāta s’inspirent-ils également des Vedas ? Sont-ils une interprétation des textes sacrés à partir de Sa propre sagesse ?

MA: Les Vedas sont des écritures qui n’ont pas d’âge et se placent au-delà du temps. Tous les prophètes qui sont venus sur terre se sont inspirés d’une partie des Vedas, en l’adaptant à la réalité de leur époque. Aujourd’hui Śrī Tathāta enseigne les éléments des Vedas qui correspondent exactement aux temps que nous vivons. C’est sa Lumière divine qui permet cela. En effet, on peut trouver des sages, des érudits qui connaissent les textes sacrés, mais il leur manque la Lumière divine, c’est pourquoi ils ne peuvent percevoir qu’une partie de la vérité. Śrī Tathāta n’est pas un être qui remonte vers le Divin, mais une Energie divine qui descend vers la terre.

Considérez-vous que des idées comme celle de la souffrance et du sacrifice ont été mal comprises par les différentes traditions culturelles et religieuses ?

MA: Il y à, partout dans le monde, des gens qui pensent qu’ils pourront atteindre le Divin à travers un processus violent. En ce qui concerne le mot “sacrifice”, il signifie, en réalité, qu’il faut faire disparaitre de notre vie ce qui est superficiel. Le Divin ne veut, en aucun cas, que nous vivions des choses atroces ou que nous nous imposions des flagellations. Quand notre mental est occupé à s’imposer ces tourments, il ne reste plus de place pour vivre l’expérience de l’union cosmique ! Il faut, pour aller vers cette expérience, que le silence s’installe complètement. Silence veut dire paix. Si la paix n’est pas là, rien n’est possible. C’est pourquoi il faut éliminer de notre vie tout ce qui est superflu. Quand il nous ne nous reste plus que ce qu’il nous faut, nous retrouvons l’essence des choses.

Vous avez dit, pendant un enseignement, que le principe féminin est essentiel à l’évolution spirituelle. On voit les femmes d’aujourd’hui se partager en deux groupes, qui représentent deux extrêmes : on rencontre, d’une part, beaucoup de femmes qui vivent encore entièrement plongées dans la souffrance et dans l’abnégation et, de l’autre coté, beaucoup de femmes qui sentent que leur indépendance, conquise à travers des modèles de comportement masculins, ne leur donne pas la possibilité de vivre pleinement leur être.

MA: C’est la voie du milieu qui conduit à la réalisation de notre être, autant pour l’homme que pour la femme. Actuellement, la femme doit intégrer en profondeur une partie d’elle-même, que nous pouvons appeler la mère intérieure. La femme d’aujourd’hui manifeste une féminité qui est masculine et qu’elle brandit comme une hache de guerre volée aux hommes. Aveuglée par sa propre révolution, elle ne se rend pas compte qu’elle reproduit exactement le schéma même contre lequel elle s’était insurgée. Le jour où l’homme et la femme auront trouvé leur centre, ils seront une mère d’amour pour leurs enfants, leurs proches et l’humanité. Voilà ce qui manque sur la terre: l’énergie de la Mère Divine. Elle frappe déjà à notre porte, ouvrons notre cœur.

Śrī Tathāta vient en Europe chaque année depuis trois ans, offrant ses Enseignements et ses Initiations. Dès son premier voyage, sa Présence a éveillé un très grand intérêt qui inspire un nombre croissant de personnes dans des pays de plus en plus nombreux…

J’invite tout le monde à rencontrer Śrī Tathāta : pour beaucoup, la rencontre est si intense que leur âme a le sentiment de « rentrer à la maison ».